12/11/2019

« N’y a-t-il pas de meilleur emploi au dévouement d’un peuple que la ruine des autres peuples ? faut-il que le plus fort rêve perpétuellement de faire peser sur les autres son ombre orgueilleuse, et que les autres perpétuellement s’unissent pour l’abattre ? A ce jeu puéril et sanglant, où les partenaires changent de place tous les siècles, n’y aura-t-il jamais de fin, jusqu’à l’épuisement total de l’humanité ? »

Formulés en septembre 1914 par Romain Rolland, ces questions expriment le désarroi et tout à la fois une extrême lucidité devant le déclanchement de la Grande Guerre. C’était il y a 105 ans et pourtant ces mots résonnent encore dans notre monde contemporain.

Jaurès assassiné, ils étaient alors peu nombreux, comme Romain Rolland, à oser encore plaider pour la paix. La plupart des soldats pensaient que la guerre ne durerait que quelques semaines, convaincus qu’ils seraient de retour dans leur famille pour Noël.

Se souvenir c‘est préparer l’avenir, tirer les leçons du passé. Le souvenir de la Grande Guerre doit imprimer dans nos consciences d’aujourd’hui, la volonté que ne se reproduise pas demain un enchaînement des nationalismes qui nous conduiraient au chaos. Car tout peut aller très vite. Les poilus qui revenaient des tranchées s’étaient juré que c’était bien « la der des der ». Et pourtant, vingt ans après, la même tragédie recommençait plus intense encore.

Même quand les menaces de conflit armé sont lointaines, nous ne devons pas oublier que la paix est fragile. La paix se mérite et se protège en permanence. C’est à chacun d’entre nous de veiller à ce que les bruits des bottes restent enterrés dans les limbes de l’histoire.

Témoins lointains de ce conflit mais acteurs de notre temps, soyons les garants d’une paix durable sur notre continent. Restons vigilants, transmettons notre histoire. Comme nous l’exprimons aujourd’hui en commémorant dans toutes les communes la France et ici même à Hostun.
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Vive la paix, vive la république, vive la France !